S’affirmer malgré la honte et la peur du ridicule

S’affirmer demande parfois de se montrer vulnérable. La honte et la peur du ridicule sont des sentiments qui peuvent être terribles à vivre. La notion d’affirmation de soi est assez simple ; il s’agit entre autres de nommer notre vécu dans la relation avec une personne importante de notre vie. Dans la pratique, s’affirmer peut-être un acte d’humilité et de courage.

Dans mon dernier article, Du sentiment de rejet vers l’amour de soi, nous avons vu un événement marquant de mon enfance, lié à ma relation avec mon père, qui a contribué à créer ma difficulté à croire en ma valeur comme fille et ensuite comme femme. Au fils des années, le travail sur moi m’a permis de développer des ressources intérieures. Ces dernières ont été d’une aide précieuse dans mon affirmation et ma capacité de me connaître et me reconnaître. C’est ainsi que j’ai pu transformer mon attitude d’auto‑dévalorisation pour arriver à affirmer mon unicité. Voilà le sujet de cet article.

J’aimerais que la lecture de cet article vous incite à puiser les ressources à l’intérieur de vous pour que vous osiez vous affirmer davantage. Une ressource est un pilier, un repère, une force ou une qualité sur quoi s’appuyer pour s’affirmer dans les moments difficiles. Nous avons tous des ressources : le courage, l’humilité, la détermination, la volonté, la capacité d’ouvrir son cœur et le respect de soi en sont quelques-uns. La reconnaissance de mes ressources a été déterminante dans ma transformation. Elle a été le pivot qui m’a permis de basculer de mes zones vulnérables vers une affirmation plus juste dans mes relations avec les autres. Je souhaite que la lecture de cet article soit une source d’inspiration et d’espoir pour vous dans ce sens.

Apprendre à m’affirmer avec plus d’authenticité dans les relations m’a demandé de surmonter des obstacles. Dans mon parcours, j’ai eu à dépasser la honte et la peur du ridicule. Peut-être ne suis-je pas la seule à vivre ces sentiments. Dans son livre « Le sentiment d’impuissance », Corinne Van Loey soutient que la honte relève du sentiment d’être indigne comme être humain dans un contexte social. Dans l’encyclopédie libre Wikipédia, on définit la peur comme une émotion ressentie en présence ou en prévision d’un danger ou d’une menace. Selon le dictionnaire Larousse de la langue française, la définition du mot ridicule est la suivante : « Dont on est porté à rire, à se moquer ».

En résumé, il s’agit de la menace ressentie quand on fait l’objet de moqueries dans un contexte social, ce qui entraîne un profond sentiment d’indignité en tant que personne.

Qui n’a pas vécu ce genre d’émotions à la suite de la mauvaise blague d’un ami ou d’un collègue ? Un mot dit de travers par un proche à l’occasion d’un rassemblement peut éveiller des émotions inconfortables, mais combien normales ? Malheureusement, la difficulté de certaines personnes de s’affirmer dans leurs malaises les prive de se sentir pleinement vivantes. En donnant du pouvoir à leurs peurs, elles demeurent prisonnières et isolées. Elles se répètent en silence les paroles entretenant leurs sentiments de ridicule et de honte. Les êtres humains ont besoin du regard de l’autre pour bien se voir !

J’aimerais vous amener un extrait tiré du livre de John Bradshaw qui explique bien l’importance du reflet de soi par au moins une personne significative pour arriver à se construire une identité forte :

« À mesure qu’une personne s’isole, elle perd l’effet bienfaisant du feedback humain, elle ne peut plus retrouver sa propre image dans le regard d’autrui. Érik Érikson a démontré clairement que la formation de l’identité est toujours un processus social. Pour lui, l’identité se définit comme un sentiment intime d’uniformité et de continuité suscité par le fidèle reflet de soi dans le regard d’au moins une personne significative. » (Source : John Bradshaw, S’affranchir de la honte, Les Éditions de l’Homme, p. 199.)

Le premier pas à faire pour se construire une identité forte est de s’affirmer dans sa vérité auprès de son entourage. Parfois, selon l’intensité de nos émotions, ce n’est pas facile. Dans l’exemple qui suit, j’ai honte d’être vue comme une femme, et je me montre vulnérable dans mes relations avec des personnes importantes pour moi : mon père, ma mère et ma sœur. Mon besoin de sortir de mes propres jugements intérieurs me donne le courage de m’affirmer.

Nous sommes à l’hiver qui suit la séparation de l’homme qui partageait ma vie depuis 20 ans, le père de mes trois fils, mon partenaire d’affaires, mon compagnon. Je suis chez mes parents. Cet après-midi-là, je suis avec mes parents et ma sœur. J’étais très souffrante et envahie par le souvenir des moments douloureux de la séparation. Je me souviens des paroles blessantes et dévalorisantes de mon ex-conjoint. Il avait des attitudes agressives et même des paroles violentes à mon égard. J’étais en colère contre lui et également contre moi-même de l’avoir laissé me traiter de cette façon et d’avoir manqué de respect envers moi-même. J’ai supporté tout cela en silence et seule, par peur du jugement et du ridicule, et surtout par honte de moi-même.

Ce jour-là, j’ai osé exprimer mes peurs et surmonter ma honte pour montrer ma vraie personnalité. Le besoin de sortir de ma prison intérieure a pris le dessus. J’ai osé m’affirmer. J’ai dit à mes proches : « J’ai peur de ne pas être entendue, d’être jugée, j’ai honte de moi également. J’ai besoin de vous dire que Richard a été agressif et violent avec moi à certains moments de la séparation. J’ai mal, j’ai de la peine, et je trouve douloureux de m’être laissée traiter de cette façon à cause du manque d’amour envers moi-même. » À ce moment‑là, les regards pleins de compassion et d’empathie de ma mère, mon père et ma sœur m’ont renvoyé le reflet d’une femme qui a de la valeur et mérite l’amour. Je me souviens du silence qui régnait. Voir l’émotion dans leurs yeux m’a alors fait beaucoup de bien. Je me suis sentie entendue et comprise.

La honte a servi de pont relationnel entre moi-même et ma famille. En me sentant proche d’eux, j’ai eu le courage de ressentir ma vulnérabilité. Ce regard sur moi-même m’a permis d’accueillir le regard d’autrui et de répondre à mon besoin d’exister. Chaque fois que j’ouvre mon cœur aux sentiments de peur et de honte d’être une femme, je m’ouvre à la possibilité d’en prendre soin ! Ce qui me touche particulièrement c’est de constater que l’amour de moi-même grandit. En osant être vue par des personnes significatives pour moi, j’arrive peu à peu à construire mon identité propre, comme l’explique si bien John Bradshaw.

Aujourd’hui, je peux affirmer sans hésitation que je suis vraiment une personne digne d’amour !

Nous en sommes déjà à la fin de cet article. Certains aspects vous interpelleront peut‑être. J’espère sincèrement que la lecture de cet article vous inspirera à poser des gestes concrets d’affirmation de vous. Je souhaite du plus profond de mon cœur que vous arriviez à faire faire face à vos peurs. Je vous souhaite de croire en vos capacités d’accomplir et de réaliser vos aspirations les plus secrètes au niveau personnel et professionnel. Vous pouvez choisir de sortir de l’isolement et de ne plus rester seule. La honte et la peur sont des sentiments qu’il est parfois très douloureux de vivre. Vous pouvez vous faire accompagner par un spécialiste en relations interpersonnelles. Tout le monde y gagnera si vous choisissez de vous affirmer pour reconnaître votre valeur : à commencer par vous-même ! Croyez-moi, s’exprimer dans les relations donne un pouvoir sur soi. Je souhaite que cet article vous en donne la conviction.

2 réflexions au sujet de “S’affirmer malgré la honte et la peur du ridicule”

  1. Merci bcp pour votre article. J ai tjrs un grand plaisir à vous lire.
    Personnellement j ai eu du mal a m affirmer dans une relation toxique que je viens d achever. Je m apprecie trop pour me laisser dévaloriser. J avais la chance d avoir mon propre chez moi. Donc dès que je ressentais un mur dans un dialogue je pouvais rentrer chez moi et me sentir en sécurité.

    1. Cher Didier,
      Je suis heureuse que mon article te plaise.
      Bravo pour ta capacité à te choisir et a t’aimer aujourd’hui.
      Merci beaucoup pour ton commentaire.
      Chaleureusement,
      Isabelle

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